Arthroscopie du coude

Qu'est-ce que c'est ?

L’arthroscopie est une technique mini-invasive permettant la visualisation de l’intérieur d’une articulation. 

Le mot arthroscopie vient de deux mots grecs, “arthro” (articulation) et “skopein” (regarder). 

Pendant l’arthroscopie du coude, votre chirurgien insère une petite caméra, appelée arthroscope, dans l’articulation du coude. La caméra retransmet les images sur un écran de télévision. Le chirurgien utilise ces images pour explorer l’ensemble des structures composant l’articulation, évaluer et réparer les lésions constatées (Figure 1).

Figure 1 : Par l’intermédiaire de toutes petites incisions, le chirurgien peut introduire une caméra et visualiser l’intérieur du coude en regardant sur un écran situé en face de lui.

Parce que l’arthroscope et les instruments chirurgicaux sont minces, le chirurgien peut utiliser de très petites ouvertures plutôt que la plus grande incision nécessaire pour une chirurgie « classique » traditionnelle.  Il y a donc moins d’agression sur les tissus mous avec pour conséquence, une diminution des douleurs et moins de raideur articulaire après l’intervention. Cela raccourcit souvent le temps nécessaire pour récupérer et reprendre ses activités professionnelles ou sportives.

L’arthroscopie du coude est pratiquée depuis les années 1980. Il a rendu le diagnostic, le traitement et la récupération après une chirurgie plus faciles et plus rapides

Le pronostic de certaines pathologies comme la raideur du coude s’est d’ailleurs considérablement amélioré par l’avènement de cette technique.

Des améliorations de l’arthroscopie du coude apparaissent chaque année à mesure que de nouveaux instruments et techniques se développent.

Enfin, cette technique permet au chirurgien d’explorer l’articulation sous plusieurs angles.

Anatomie

Le coude est une articulation complexe formée par la jonction de trois os (Figure 2):

  • La palette humérale (partie distale de l’humérus)

  • L’olécrâne et la coronoïde (parties proximales de l’ulna)

  • La tête radiale (partie proximale du radius)

Les surfaces des ces os sont recouvertes de cartilage articulaire, une substance lisse qui protège les os et agit comme un coussin naturel, et forment ensemble l’articulation. 

Ces surfaces sont recouvertes d’une membrane lisse appelée membrane synoviale. 

Dans un coude sain, cette membrane produit une petite quantité de liquide qui lubrifie le cartilage et élimine presque tout frottement lorsque vous pliez et faites pivoter votre bras (Figure3).

Sur les côtés intérieurs et extérieurs du coude, des ligaments plus épais (ligaments collatéraux) maintiennent l’articulation du coude ensemble et empêchent la luxation.

L’articulation du coude est entourée de muscles à l’avant et à l’arrière. 

Aussi, les trois principaux nerfs qui traversent l’articulation du coude sont situés à proximité des surfaces articulaires et de la capsule et doivent être protégés pendant la chirurgie arthroscopique.

Figure 2 : Représentation schématique de l’articulation du coude

Figure 3 : Visualisation arthroscopique des différentes surfaces articulaires du coude (A : tête radiale en bas et humérus en haut ; B : Surface antérieure de la palette humérale en regard de la tête radiale ; C : apophyse coronoïde qui est la partie antérieure de la tête ulnaire ; D : Surface antérieure de la palette humérale en regard de l’apophyse coronoïde)

L’articulation du coude permet deux mouvements de base:

  • la Flexion et l’Extension (Plier et déplier), en rapport avec l’interface entre l’humérus et l’ulna (Figure 4).

Figure 4 : Représentation d’une flexion/extension du coude

  • La Prono-supination (pronation – paume vers le bas et supination – paume vers le haut) ; conséquence de la rotation de la tête radiale avec l’ulna. Cette prono-supination est étroitement liée à l’articulation du poignet (Figure 5).

Figure 5 : Représentation d’une supination à droite et d’une pronation à gauche

Quand recommande t on une arthroscopie du coude ?

Une arthroscopie du coude peut être indiquée si vous souffrez d’une affection douloureuse qui ne répond pas au traitement non chirurgical

Selon le cas, le traitement non chirurgical comprend du repos, de la kinésithérapie, des médicaments par voie orale type anti-inflammatoire, voir des infiltrations intra-articulaires afin de réduire l’inflammation. 

Cette liste n’est, bien entendu, pas exhaustive et d’autres thérapeutiques non chirurgicales peuvent être proposées au cas par cas.

L’inflammation est l’une des réactions normales de votre corps face à des blessures ou certaines maladies. 

L’inflammation d’un coude traumatisé va provoquer un gonflement, une douleur et une raideur de façon systématique.

Les déchirures ligamentaires, l’hyper-utilisation et l’usure liée à l’âge sont responsables de la plupart des problèmes de coude

L’arthroscopie du coude est un outil qui va permettre de soulager de nombreux problèmes qui affectent le cartilage, la membrane synoviale et les autres structures ligamentaires ou autres tissus mous qui entourent l’articulation. 

L’arthroscopie du coude peut également être recommandée pour retirer les morceaux d’os et de cartilage libres dans l’articulation et qui provoquent un blocage lors du mouvement (Figures 6).

Figures 6 : Arthroscopie pour retirer des « billes » de cartilage libres dans l’articulation

Les procédures arthroscopiques courantes comprennent:

  • Traitement du tennis elbow (épicondylite latérale)

  • Élimination des corps étrangers libres (cartilage et fragments d’os), ostéochondromatose

  • Traitement des raideurs récalcitrantes du coude

  • Traitement de l’arthrose débutante et résistance au traitement médical

  • Traitement de la polyarthrite rhumatoïde (arthrite inflammatoire)

  • Traitement de l’ostéochondrite disséquante (dommages causés par une surcharge excessive sur une partie de l’humérus, le capitellum, observés chez les lanceurs ou les gymnastes)

 

Figure 7 : Bilan d’une raideur du coude

Un exemple, cette radiographie d’un coude prise de profil (Figure 7) montre un comblement important des culs de sac antérieur et postérieur de l’humérus. Au cours d’une intervention arthroscopique, ces éperons osseux peuvent être émondés (retirés), ainsi que tout corps étranger libre de cartilage qui peut en être associé.

Un traitement chirurgical « classique » serait lourd en terme cicatriciel sans parler des soins de pansements et de rééducation douloureux et fastidieux.

L’approche arthroscopique a révolutionné la prise en charge de ces pathologies avec des suites simplissimes en terme de douleur et de récupération de la mobilité.

Comment est ce effectué

L’intervention est effectuée au bloc opératoire, en chirurgie ambulatoire (le patient ne dort pas la nuit à la clinique).

Elle est réalisée sous anesthésie locorégionale (seul le bras est endormi).

Dans la plupart des cas, la rééducation est débutée le jour même de l’intervention, via un kinésithérapeute qui passe dans la chambre du patient.

Après arthroscopie du coude

Le patient rentre chez lui le jour même de sa chirurgie. Dès le lendemain, le pansement doit être changé. Il n’est pas indispensable d’avoir recours à une infirmière puisque les cicatrices sont assez petites. En revanche, nous avons tendance à conseiller au patient, au moins pour le premier pansement, d’en solliciter une et d’apprendre auprès d’elle la façon dont les pansements doivent être changés tous les jours ou tous les 2 jours.

La rééducation est poursuivie en ville, la plupart du temps dès le lendemain de la chirurgie.

Risques et limites

Bien que l’arthroscopie du coude ait été développée il y a plus d’une décennie, elle reste bien moins courante que l’arthroscopie du genou ou de l’épaule par exemple. 

Cela est notamment justifié par la contrainte importante de devoir travailler une articulation très étroite, avec un minimum d’espace et dans lequel les nerfs passent tout près. Cela nécessite une formation particulière et spécialisée. 

La proximité de ces nerfs constitue également le principal risque spécifique à la procédure, notamment une lésion nerveuse pouvant entraîner un engourdissement temporaire.

L’arthroscopie du coude est réalisée sous anesthésie loco-régionale et aucune hospitalisation n’est requise.