Arthroscopie du poignet

Qu’Est-ce que c’est?

L’arthroscopie est une technique mini-invasive permettant la visualisation de l’intérieur d’une articulation. 

Le mot arthroscopie vient de deux mots grecs, “arthro” (articulation) et “skopein” (regarder). 

Le poignet est une articulation complexe composée de nombreux os et ligaments. Les ligaments servent de lien entre les os et assurent leur cohésion lors des différents mouvements du poignet (Figure 1).

Figure 1 : Représentation anatomique du versant palmaire du poignet avec une partie des ligaments existants

Certaines atteintes ligamentaires (comme des ruptures par exemple) peuvent remettre en question cette organisation et induire une instabilité du poignet.

L’arthroscopie du poignet permet au chirurgien de diagnostiquer et de traiter de nombreux problèmes du poignet au moyen d’une série de très petites incisions (Figure 2).

Figure 2 : Représentation de petites incisions (très peu visibles à terme) possibles en arthroscopie

Au cours des 5 dernières années, le poignet est devenu la troisième articulation la plus fréquemment soumise à une arthroscopie, après le genou et l’épaule. 

Comme les incisions utilisées lors de l’arthroscopie du poignet sont plus petites et perturbent moins les tissus mous que la chirurgie ouverte conventionnelle, la douleur, le gonflement et la raideur sont minimisés et la récupération est souvent plus rapide.

Quand une arthroscopie du poignet est-elle pratiquée?

L’arthroscopie du poignet permet de visualiser les surfaces cartilagineuses de tous les os du poignet et de mieux évaluer les ligaments entre les différents os du poignet. 

Fréquemment après une blessure, une douleur, des craquements et un gonflement peuvent être des signes d’une atteinte plus profonde et sévère

L’arthroscopie est souvent le meilleur moyen d’évaluer l’intégrité des ligaments, du cartilage et des os. 

Lorsque des problèmes de poignet sont rencontrés, beaucoup sont traités par le biais de ces petites incisions en utilisant du matériel spécialisé et miniaturisé limitant significativement l’invasivité d’un geste opératoire (Figure 3).

Figure 3 : Représentation schématique d’une chirurgie sous arthroscopie. A gauche, la caméra (l’optique) qui visualise la lésion anatomique à réparer. A droite, l’instrument qui permettra sa réparation.

Le champ d’action de l’arthroscopie s’est considérablement accru ces dernières années. La plupart des affections ligamentaires sont désormais accessibles à un traitement arthroscopique.

Elle est également utilisée pour

  • les kystes synoviaux du poignet (Figure 4)

Figure 4 : Un kyste du poignet peut être retiré entièrement sans laisser de trace

  • les atteintes ligamentaires touchant le ligament traingulaire (TFCC, Figure 5) ou le ligament scapholunaire (dont nous avons décroit des techniques spécifiques de réinsertion).

Figure 5 : Représentation schématique d’une réparation du ligament triangulaire sous arthroscopie

  • les arthrodèses du poignet

  • les résections partielles de certains os (scaphoïde, tête ulnaires…)

  • les pseudarthroses du scaphoïde

  • certaines arthroses débutantes peuvent également être traitées par un lavage arthroscopique et un débridement ou une retente des ligaments

Comment est-ce effectué?

La procédure est réalisée au bloc opératoire sous anesthésie locorégionale (seul le bras est endormie). Une petite caméra fixée à l’extrémité d’un étroit tube en fibre optique (2,0 mm à 2,7 mm de large) est insérée dans une petite incision de la peau (environ 4 mm de long) directement dans le dos du poignet.

La caméra permet de grossir et de projeter toutes les petites structures du poignet sur un écran de télévision, et apporte une vision très précise des différents éléments anatomiques (Figure 6). 

Figure 6 : Le chirurgien introduit à l’intérieur du poignet une mini caméra et l’instrument nécessaire pour réparer les lésions. L’image est retransmise sur un écran et permet un agrandissement significatif des lésions à réparer.

Plusieurs petites incisions sont utilisées pour permettre au chirurgien de placer la caméra dans différentes positions et de visualiser les différentes structures à l’intérieur de l’articulation. Des instruments miniaturisés sont également introduits dans l’articulation du poignet pour permettre de tester les différents éléments, d’aider au diagnostic mais aussi de réparer les lésions observées.

Le poignet est généralement distracté et du liquide est introduit dans l’articulation pour « élargir » l’espace de travail et permettre une meilleure visualisation pendant la procédure. 

Parfois, une arthroscopie du poignet est associée à des procédures ouvertes.

Après arthroscopie du poignet

Après votre arthroscopie, vous serez probablement placé dans un pansement protecteur ou une attelle de poignet permettant une mobilité complète des doigts. 

La période de protection variera en fonction des gestes chirurgicaux effectués au cours de la chirurgie. 

Elever le membre opéré est important pour éviter un gonflement et une douleur après votre chirurgie.

Risques et limites

Comme pour toute intervention chirurgicale, l’arthroscopie du poignet comporte des risques. Ceux-ci incluent les infections et les dommages potentiels aux nerfs et aux tendons (généralement moins de 1%). 

L’arthroscopie du poignet reste une pratique confidentielle, ne convient pas à toutes les affections du poignet et dépend de la formation, de l’expertise et du niveau de confort du chirurgien